Comment penser que Dieu pourrait juger les hommes alors que lui-même n’est pas clean ?

S'il y a une zone de convergence entre les incroyants et les croyants de toute confession c'est bien celui du mystère de la souffrance. Les uns comme les autres la trouvent révoltante. Les croyants concèdent généralement qu'elle est inconciliable avec un Dieu d'amour tout-puissant. Pour les uns Dieu la subit comme nous et il n'est donc pas tout puissant ; pour les autres Dieu pourrait l'empêcher mais il ne le fait pas et il n'est donc pas Amour.

Bref à choisir entre un Dieu faible ou sadique, beaucoup préfèrent se passer de Dieu.

1) Cette logique implacable range-t-elle définitivement Dieu au rebut des inventions humaines inutiles ? Avons nous raison ou bien est il possible que notre face à face avec Dieu, s'il existe, vire à notre plus profonde confusion ?

Mon exigence de justice est-elle justifiée ? Est-elle recevable par Dieu ? Dans quelles situations  suis je légitime à demander des comptes à quelqu'un?

Je peux certes agir ainsi avec mon subordonné mais personne de sensé ne revendique le statut de "chef" face à Dieu.

La seule autre situation qui me permette de demander des comptes c'est le contrat passé avec un autre. Si Dieu s'est engagé alors il a des devoirs.

2) N'est ce pas ce contrat qui pose problème entre Dieu et l'homme, une partie en fixant les termes indépendamment de l'autre partie ?

L'homme ne considère-t-il pas que Dieu doit être juste, c'est à dire qu'il doit donner à chacun la même chose ?

Or la vie semble profondément injuste. Certains naissent vifs, en bonne santé et riches, d'autres  sont handicapés, pauvres et lents à comprendre. L'injustice se poursuit au cours de la vie : certains vivent 2 mn et d'autres 100 ans ; il y a de longues vies faciles et pleines de plaisir et de joies et il y a des vies de misères et de souffrances atroces qui n'attendent que la délivrance de la mort. 

L'homme crée par Dieu exige la justice comme lui l'homme la pratique avec ses semblables (parfois) .  

L'homme se doit de secourir son prochain sous peine d'être condamné pour non assistance à personnes en danger.

 

3) Alors au nom de quoi un Dieu tout puissant pourrait il se dispenser d'intervenir pour faire cesser les souffrances injustes?

En fait l'homme reproche à Dieu de n'être pas semblable à l'homme...Dieu est moins bon que l'homme. De cette dissemblance beaucoup concluent que Dieu ne peut pas avoir crée l'homme à son image et donc qu'il n'a rien crée du tout.  

 

4) Alors y a-t-il un contrat à respecter qui engagerait Dieu ? Si oui quelles en sont les clauses ?

Dans le judaïsme et le christianisme le contrat initial prend la forme d'un engagement unilatéral de Dieu : tant que tu m'écouteras, tu vivras. Si tu arrêtes de m'écouter tu mourras *. Un contrat bilatéral équilibré ne peut pas exister au départ de l'humanité car l'homme n'a rien à offrir sinon sa soumission forcée à Celui à qui tout appartient.

Une fois l'homme émancipé de cette tutelle divine (la chute), les choses changent. L'homme s'approprie la terre avec ses ressources et ses êtres vivants qu'il exploite pour son bien-être, pour se multiplier et aussi pour asseoir sa domination sur ses semblables. La vie humaine se déploie dans la violence, dans l'injustice et l'aliénation à la matière. La mort promise par Dieu s'installe sur la terre. Les générations se succèdent, l'homme devient l’espèce dominante avec bientôt 10 milliards d'occupants. Les crises successives qu'elles soient naturelles (séismes, tsunami, épidémie, sécheresses, inondations...) ou anthropiques (guerres, accidents industriels...) les drames individuels (accidents, maladie...) rappellent à chacun en permanence que ses jours sont comptés et que si quelque chose est étonnant sur cette terre, ce n'est pas la mort mais bien la vie.

 

S'il n'y a pas de contrat initial, Dieu n'a donc aucun compte à nous rendre.

(5) Si absolument tout ce qui existe vient de Dieu, qu'est ce qui me permet de lui faire des reproches?

Dieu a toutefois pris 2 engagements qui l'obligent. Le premier  (voir ci-dessus) était d'affranchir l'homme de la tutelle divine au prix de la mort de l'humanité *. Le second engagement est omniprésent dans la loi et les prophètes : Dieu promet de rendre la vie à ceux qui le veulent. On touche là au cœur du projet créationnel initial. Dieu ne veut pas s'aliéner l'homme. Seul un choix volontaire a du prix a ses yeux. Comme dans un couple qui s'aime.

Les conditions sont à présent réunies pour passer un contrat (une alliance)  avec les humains. L'homme y offre

son plus grand bien : cette vie terrestre qui résulte du rejet de Dieu. Dieu de son côté offre son plus grand bien : la partie intime de lui-même, Jésus, qui de tout temps était destiné à sceller la réconciliation. Jésus est le chemin qui permet de passer de la mort à la vie. Il faut le trouver et ne point le quitter.

Voilà donc ce que Dieu nous doit : la vie à ceux qui la veulent à tout prix.

Pour ce qui est du reste il ne nous doit rien. Il assiste continuellement à la vie qui se déploie dans l'indifférence de son créateur, au spectacle de l'exploitation des plus faibles par les plus forts, aux victimes des massacres, des maladies, des catastrophes et tout simplement à la mort de près de 2 humains chaque seconde.

 

6) Peut-être Dieu hésite-t-il à décroiser les bras depuis qu'il est venu en personne parmi nous et que nous l'avons cloué sur une croix ? 

Il n'est pas indifférent à la souffrance. Il bouge surtout pour favoriser la Vie ; pas forcément pour rendre la mort biologique plus supportable.

Les personnes atteintes d'Alzheimer, les malades du cancer, les esclaves modernes, les réfugiés de guerre, économiques ou climatiques, les 6 millions de juifs de la Shoah, les millions de morts sous les bombardements de 39-45, les 240 000 morts du tsunami de 2005 sont tous des victimes. Le statut de victime ne nous rend ni juste ni méritant. Dieu pourrait empêcher tout cela et il le fera un jour. Pour l'instant il garde la porte ouverte car le retour vers Dieu est alimenté par un regard lucide sur le spectacle du monde dominé par la toute puissance humaine.

7) L'injustice ne pourrait-elle prendre une autre forme ? Tous les humains sont-ils égaux dans leur capacité à désirer et à recevoir la vie promise par Dieu ?

Assurément non. C'est pour cela que chaque homme sera jugé spécifiquement et avec impartialité promet Dieu qui connait les pensées cachées de chacun. Toutefois le message qui domine chez les prophètes et le Christ c'est que, majoritairement et de manière lucide, les hommes ne veulent pas mettre leur autonomie au service de Celui à qui ils doivent pourtant tout.

3 questions pour approfondir :

- la mort injuste des 18 personnes tuées par l'effondrement de la tour de Siloé : pourquoi Jésus dit-il : "si vous ne vous repentez pas, vous mourrez tous de la même manière"? (Luc 13 : 3)

- la souffrance injuste : Pourquoi Dieu a-t-il incité Satan à s'acharner sur Job alors que Job était la personne la plus morale et respectueuse envers Dieu de tout le pays ? (Job 1:8 et 2:3)

- le patron injuste : pourquoi le patron qui paie ses journaliers la même somme alors que certains ont travaillé 8 heures et d'autres seulement 1 heure, choisit-il de payer d'abord ceux qui ont travaillé 1 heure et ensuite seulement les autres? (Matthieu 20 : 1-16)

(*) Genèse 2:15 ; la mort est ici définie comme l'absence de vie. Dieu seul étant source de vie, l'homme émancipé de son créateur et réduit à l'état de "mammifère pensant" est spirituellement mort.

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